Origine des cindyniques médico-sociales 1

La démarche recherche s’est fortement inspirée de l’épigraphe d’Arthur Schopenhauer pour qui l’idée que l’ensemble est tragique et que le détail est comique peut résumer quelque chose d’essentiel dans la découverte des Cindyniques puis dans l’invention des Cindyniques Médico-sociales, dans le sens où tout est à double face. L'objet initiale de cette recherche s'est donc inspiré de cette philosophie en posant les conditions d'une dialogique schopenhaurienne.

La vie de chacun de nous, à l’embrasser dans son ensemble d’un coup d’œil, à n’en considérer que les traits marquants est une véritable tragédie. Et quand il faut, pas à pas, l’épuiser en détail, elle prend la tournure d’une comédie. Chaque jour apporte son travail, son souci ; chaque instant sa duperie nouvelle ; chaque semaine, son désir, sa crainte ; chaque heure ses désappointements. Comme le hasard est là, toujours aux aguets, pour faire quelques malices, pures scènes comiques que tout cela. Mais les souhaits jamais exaucés, la peine toujours dépensée en vain, les espérances brisées par un destin pitoyable, les mécomptes cruels, qui composent la vie entière, la souffrance, qui va grandissant, et à l’extrémité de tout la mort, en voilà assez pour faire une tragédie. On dirait que la fatalité veut, dans notre existence, compléter la torture par la dérision ; elle y met toutes les douleurs de la tragédie ; mais pour ne pas nous laisser au moins la dignité du personnage tragique, elle nous réduit dans les détails de la vie au rôle du bouffon.

Arthur SCHOPENHAUER

Origine de la recherche aboutissant aux cindyniques MS

A. Schopenhauer oppose, confronte, ou plutôt juxtapose deux points de vue, celui synoptique, générale sur la vie, considérée comme une tragédie, et le point de vue microscopique plus précis du regard aiguisé qui analyse chaque évènement dans ses moindres détails pour en faire ressortir des caractéristiques comiques. Cette pensée sur la vie peut par analogie s’apparenter à cette recherche.

QUESTIONNEMENT DE LA RECHERCHE

En repartant  de la question de départ  : Comment prévenir les ruptures de parcours socio-éducatifs des adolescents en situation d’incasabilité ?

Deux points de vue se juxtaposent.

D’abord celui d’une lecture générale qui laisse entrevoir la tragédie de ces parcours, de ces ruptures, de ces exclusions, de l’échec de l’accompagnement, de l’impuissance des institutions, dans la prise en charge des adolescents dits en « situation d’incasabilité ». Toujours de manière globale, des réponses,  s’entrouvrent, des consensus s’établissent pour tenter de remédier à ces situations dites maintenant « complexes ».

  • Par l’innovation pour penser de nouvelles modalités d’intervention plus adaptées aux conduites à risque de ces adolescents.
  • Par La coordination pour tenter de décliver les réponses des différents secteurs et professionnels notamment du champ sanitaire, médicosocial et social.
  • Par le nouveau paradigme du parcours initié de la loi 2016
  • Par une tentative d’élaboration du concept de besoins fondamentaux

Mais si l’on aborde sous l’autre point de vue, celui d’une lecture plus minutieuse, sur l’identification de quelques points parfois de détails, passés inaperçus ou peu développés, nous pouvons relever que les réponses proposées par la coordination, l’innovation, la conceptualisation, la législation les points suivants :

  • La coordination: Le constat de l’Agence Régionale de Santé qui en montre les limites lorsque ces dispositifs (de coordination) s’accumulent et précise que leur impact sur les parcours n’est pas démontré à ce jour. Aussi l’ARS  qui préconise alors de revenir sur l’identification des points de rupture ou de criticité.
  • L’innovation : la multiplicité des dispositifs n’enraye pas ce phénomène de rupture, ou d’exclusion et se trouve freinée, déstabilisée, dont certaines tentatives n’aboutissent pas ou ne tiennent pas.
  • La conceptualisation des besoins fondamentaux: La demande des professionnels suite à la loi 2007 qui remplace la notion de maltraitance par celle de danger, que de faire reposer cette nouvelle notion sur un référentiel, n’est pas entendue. Le législateur au contraire par la loi 2016 qui réaffirme la  notion des besoins fondamentaux. Le consensus élaboré par des experts autour du méta besoin gomme une nouvelle fois la notion de danger par celle de sécurité qui pourtant est définie comme une situation dans laquelle quelqu'un, quelque chose n'est exposé à aucun danger, à aucun risque.

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